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Henri II (roi de Chypre)

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Henri II de Chypre
Fonctions
Roi de Jérusalem
-
Roi de Chypre
-
Titres de noblesse
Roi de Chypre
-
Prédécesseur
Successeur
Roi de Jérusalem
-
Prédécesseur
Roi de Chypre
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Henri II de LusignanVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Blason

Henri II de Lusignan, né en 1270 ou 1271 et mort le , est roi de Chypre (1285-1306 et 1310-1324) et roi de Jérusalem (1285-1291). Il est le fils d'Hugues III de Chypre et d'Isabelle d'Ibelin.

Roi de Chypre et de Jérusalem

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États latins en 1240.
États latins en 1271.

Il succéda à son frère Jean Ier le à l'âge de quatorze ou quinze ans. Il hérita de son frère du titre mais non de la possession du royaume de Jérusalem, alors tenue par les partisans de Charles d'Anjou. Peu après son accession au trône de Chypre, Henri profita de la mort du souverain angevin afin de prendre possession de Saint-Jean-d'Acre. Avec une flotte, Henri attaqua Acre défendue par Eudes Poilechien, bailli du royaume de Jérusalem, et captura la ville le [1]. Henri fut couronné roi de Jérusalem à Tyr le [2] mais retourna à Chypre et confia le royaume de Jérusalem à son oncle Philippe d'Ibelin avec le titre de bailli[3]. À cette date, Acre était une des rares cités portuaires restant du royaume de Jérusalem. Pendant le règne du roi Henri, le sultan mamelouk Kélaoun prit possession de Laodicée en 1287, puis de Tripoli en 1289[4]. Trois jours après la chute de Tripoli, Henri se rendit à Saint-Jean-d'Acre et négocia avec le sultan une trêve de dix ans. Il confia la lieutenance du royaume à son frère Amaury, puis retourna à Nicosie[5].

Chute de Saint-Jean-d'Acre

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En 1290, un massacre de paysans et de marchands musulmans par des chevaliers croisés conduisit les Mamelouks à dénoncer la trêve. À la mort de Kélaoun en novembre 1290, son fils Al-Achraf Khalîl lui succéda et reprit le projet d'expédition de son père contre le royaume de Jérusalem[6]. Le sultan débuta le siège de Saint-Jean-d'Acre le . Le , après trente jours de siège, Henri II quitta l'île de Chypre et débarqua à Saint-Jean-d'Acre avec des vivres et quelques renforts. Le , il abandonna la ville, accompagné de trois mille chevaliers chypriotes et étrangers[7]. Malgré la résistance héroïque des chevaliers du Temple, Saint-Jean-d'Acre fut prise le [8]. La ville de Tyr fut aussitôt abandonnée par ses habitants qui se retirèrent à Chypre. Au mois de juillet, Al-Achraf Khalîl captura Sidon, Haïfa puis Beyrouth[9].

Henri continua à régner à Chypre, et continua à prétendre au trône de Jérusalem, projetant souvent de reconquérir les terres perdues. Il s'allia avec Ghazan, le khan mongol de Perse quand celui-ci envahit l'empire mamelouk en 1299. Il essaya d'empêcher les navires Génois de commercer avec les mamelouks, espérant les affaiblir économiquement, et écrivit deux fois au pape Clément V pour solliciter une nouvelle croisade.

États latins ca. 1300 (Ruad et Chypre).

Gouvernement de Chypre

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Son règne à Chypre fut prospère et il s'impliqua dans la justice et l'administration du royaume ; les minutes de la Haute Cour furent conservées (en français et en italien plutôt qu'en latin) à partir de son règne et il étendit le rôle de la Cour, qui était un conseil des nobles, à un corps apte à juger les criminels. Il souffrait d'épilepsie[10], qui le rendait de temps en temps impuissant, et la noblesse était insatisfaite. Un de ses frères Guy, conspira contre lui en 1303 et fut exécuté. En 1306 son frère Amaury, seigneur de Tyr, conspira avec les Templiers pour l'écarter du trône. Amaury prit le titre de gouverneur et régent de Chypre, plutôt que celui de roi. Henri fut exilé en Arménie, dont le roi Oshin était le beau-frère d'Amaury. Cependant, Amaury fut assassiné en 1310, Oshin libéra Henri, qui revint à Chypre et retrouva son trône avec l'aide des Hospitaliers, emprisonna de nombreux complices d'Amaury, parmi lesquels leur frère Aimery, leur beau-frère Balian d'Ibelin, prince de Galilée et d'autres parents de Balian. En 1313, il supervisa la dissolution de l'ordre du Temple à Chypre et le transfert de leurs propriétés aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Le , il épousa Constance de Sicile, fille de Frédéric II de Sicile et d'Eléonore d'Anjou, mais n'eut pas de postérité. Il mourut dans la nuit du 30 au et fut inhumé en l'église Saint-François de Nicosie[11]. Son neveu Hugues, fils de Guy de Chypre, lui succéda.

Notes et références

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Bibliographie

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