Jean IV de Chalon-Arlay
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| Gouverneur de Franche-Comté | |
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| Comte de Tonnerre (?) | |
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| Seigneur d'Arlay (d) | |
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| Prince d'Orange | |
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Catherine de Bretagne (d) |
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Jean IV de Chalon-Arlay, né vers 1443/1444 à Nozeroy et mort , membre de la maison de Chalon-Arlay, est prince d'Orange de 1475 à sa mort, sous le nom de Jean II. Fils du prince d'Orange Guillaume II, il est neveu du duc de Bretagne François II et héritier présomptif du duché de 1488 à 1496.
Au service de Maximilien d'Autriche, veuf de la duchesse Marie de Bourgogne, il joue un rôle important dans les affaires de Bretagne dès 1481. Après la défaite et la mort de François II (1488), il fait partie des proches conseillers de la duchesse Anne et contribue à ses mariages successifs, d'abord avec Maximilien (1490), puis avec Charles VIII (1491) et Louis XII (1499).
Par sa fille Claude, le titre de prince d'Orange est transmis indirectement (sans lien du sang) à la maison d'Orange-Nassau, jusqu'au roi actuel des Pays-Bas Willem-Alexander.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines familiales et formation
[modifier | modifier le code]Jean de Chalon-Arlay naît vers 1443[1],[2] ou 1444[3],[4], au château de Nozeroy[1], dans le comté de Bourgogne (par la suite Franche-Comté[Note 1]).
Il est le fils de Guillaume VII de Châlon (1414-1475), prince d'Orange sous le nom de Guillaume II, et de Catherine d'Estampes[1], fille du comte Richard d'Étampes et sœur du duc François II de Bretagne)[3],[4].
Héritage des biens des Chalon
[modifier | modifier le code]Â la mort de son père, en 1475, il hérite des terres d'Arlay, d'Arguel, de Tonnerre, ainsi que la principauté d'Orange[3].
Vers 1490, il hérite de l'ensemble des biens des Chalon-Arlay, ainsi que la part de la branche des Chalon-Auxerre-Tonnerre qui s'éteint[3].
Ces biens lui permettent de devenir un personnage puissant[3].
Le château de Nozeroy devient le centre de ses domaines[3].
Dans la guerre de Succession de Bourgogne (1477)
[modifier | modifier le code]En 1477, il est fait, jusqu'à sa mort, gouverneur du comté de Bourgogne, sous l'autorité des Habsbourg[3].
En janvier 1477, à la suite de la mort à Nancy du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, avec qui il est allié, le roi de France Louis XI se trouve en position de force face à la duchesse Marie de Bourgogne, âgée de seulement 20 ans. Il enclenche la guerre de Succession de Bourgogne.
L'armée française occupe le duché de Bourgogne et le roi confisque la totalité des biens de la maison de Chalon-Arlay, ce qui amène d'abord le prince d'Orange à composer avec lui et à se mettre à son service.
Puis il revient auprès de Marie de Bourgogne[Note 2] pour soutenir son projet de mariage avec l'archiduc Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur Frédéric III et futur empereur lui-même.
Avant la fin de l'année 1477, Louis XI le fait bannir du royaume et pendre en effigie.
Envoyé de Maximilien d'Autriche en Bretagne (1481-1488)
[modifier | modifier le code]En 1481, Maximilien l'envoie dans le duché de Bretagne.
Il y participe à la conjuration manquée contre le trésorier général Pierre Landais le , à la suite de quoi, en rupture de ban comme les autres conjurés, il signe le traité de Montargis avec la régente de France Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, gouvernant au nom de son frère Charles VIII.
Cette nouvelle trahison lui vaut la confiscation de ses biens en Bretagne, qui lui seront rendus après la deuxième conjuration contre Pierre Landais et son exécution, par un François II affaibli.
Il prend alors la direction effective des affaires du duché aux côtés du maréchal de Rieux et du comte de Comminges. Le nom Orange est donné à l'un des gros canons de Rennes, de 5 899 livres).
La main de la princesse Anne (héritière présomptive du duché) étant alors le principal argument politique en Bretagne, chacun a son candidat. Orange est partisan d'un mariage avec Maximilien d'Autriche.
Conséquences de la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier (1488)
[modifier | modifier le code]En détresse militaire et politique face à l'attaque de l'armée française dans le cadre de la Guerre folle (1485-1488), François II lui offre, afin de garantir sa fidélité, les châtellenies de Lamballe, Moncontour, Rhuys et Lespine-Gaudin.
En juillet 1488, François II est vaincu par Charles VIII lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier). Après avoir combattu avec acharnement, Orange tente de se faire passer pour mort, mais est fait prisonnier avec le duc d'Orléans (futur Louis XII).
François II meurt quelques semaines plus tard et sa fille Anne devient duchesse de Bretagne. À partir de l'avènement d'Anne, le prince d'Orange est héritier présomptif du trône ducal, en concurrence cependant avec le vicomte Jean II de Rohan[Note 3].
Il reste en résidence surveillée à Riom jusqu'en .
Début du règne de la duchesse Anne (1488-1491)
[modifier | modifier le code]Il rentre alors à Rennes, envoyé par Charles VIII de France pour empêcher le mariage d'Anne avec Alain d'Albret et négocier avec elle la situation des troupes françaises dans le duché.
En tant qu'héritier présomptif, il participe au conseil ducal et intervient dans les choix politiques et matrimoniaux de la duchesse. Il est nommé capitaine de Rennes et lieutenant général. Principal ministre avec le chancelier Montauban et Dunois entre 1490 et 1491, il lui conseille le mariage avec Maximilien d’Autriche. Un mariage par procuration a lieu en 1490. En 1491, le roi Charles VIII lance de nouveau ses armées contre le duché, ne voulant pas voir Maximilien, maître des Pays-Bas bourguignons prendre la tête du duché de Bretagne.
Piégé par le siège de Rennes par les troupes françaises, il négocie en le mariage d'Anne avec Charles VIII.
Il est témoin de la duchesse à son mariage qui a lieu à Nantes le . Le contrat de mariage stipule que le prince d'Orange renonce à ses droits sur la Bretagne moyennant une somme de 100 000 livres et la lieutenance générale du duché.
Dernières années (1491-1502)
[modifier | modifier le code]Ces titres et fonctions lui sont confirmée par Anne, devenue veuve de Charles VIII en 1499.
Il négocie alors avec quelques autres les termes de contrat de mariage de la reine Anne avec le successeur de Charles, Louis XII.
Mort et sépulture
[modifier | modifier le code]Jean IV de Chalon-Arlay meurt le [5], à l'âge de 59 ans.
Son fils, Philibert, est l'unique héritier des biens des Chalon-Arlay et de la principauté d'Orange[3]. Mineur, sa mère, Philiberte de Luxembourg, gère les titres et les biens[3].
Près de trente ans plus tard, le , Philiberte de Luxembourg passe commande aux sculpteurs Conrad Meit et Giovanni Battista Mariotto d'un monument funéraire en albâtre et d'un gisant pour son époux, sa première épouse femme, Jeanne de Bourbon, son fils, Claude, seigneur d'Arguel, et elle-même, qu'elle fait placer au couvent des cordeliers de Lons-le-Saunier dans le comté de Bourgogne[5]. Ce mausolée, resté inachevé, sera démantelé au XVIIe siècle.
Famille
[modifier | modifier le code]Descendance
[modifier | modifier le code]Jean de Chalon-Arlay épouse le Jeanne de Bourbon († )[4] (fille du duc Charles Ier de Bourbon et de Agnès de Bourgogne et petite fille du duc de Bourgogne Jean Ier de Bourgogne (Jean sans Peur)) dont il n'a pas d'enfant.
Veuf en 1483, il épouse en secondes noces Philiberte de Luxembourg († )[4] (fille d'Antoine de Luxembourg, comte de Brienne, de Ligny et de Roucy), dame de Montfort, avec qui il a :
- Claude (1498-1521), épouse en 1515 Henri III de Nassau-Bréda, dont postérité ;
- Claude (1499-1500), seigneur d'Arguel ;
- Philibert (1502-1530), qui lui succède à l'âge de vingt-et-un jours.
Filiation
[modifier | modifier le code]Titres
[modifier | modifier le code]En plus du titre de prince d'Orange, il détenait les titres suivants :
- dans le comté de Bourgogne (fief du Saint-Empire) : vicomte de Besançon, seigneur d'Arlay, Nozeroy, Arbois, Bletterans, Montfleur.
- dans le duché de Bourgogne (fief du royaume de France) : vicomte d'Auxonne, Cuiseaux, Varennes-Saint-Sauveur, Beaurepaire-en-Bresse
- dans le duché de Bretagne : seigneur, entre autres, de Lamballe, Moncontour, Rhuys et Lespine-Gaudin[6].
- (assez proches de Paris), en Brie, Valois, Gâtinais : La Ferté-Milon, Nogent-l'Artaud, Gandelus, Luzarches, Courtenay, etc. [7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ La dénomination de Franche-Comté s'applique au territoire après l'annexion au royaume de France sous Louis XIV. Dans le Saint-Empire, Besançon était une ville libre d'Empire, qui ne faisait donc pas partie du comté, dont la capitale était Dole.
- ↑ Qui réside en général aux Pays-Bas, pour une large part possession des ducs de Bourgogne.
- ↑ Jusqu'à la naissance des dauphins Charles-Orland, Charles, puis de Claude de France.
Références
[modifier | modifier le code]- Duhem 1929, p. 104.
- ↑ Léthenet 2020, p. 1.
- Paul Delsalle et Laurence Delobette, La Franche-Comté à la charnière du Moyen Age et de la Renaissance, 1450-1550 : actes du colloque de Besançon, 10-11 octobre 2002, Presses Univ. Franche-Comté, , 375 p. (ISBN 978-2-84867-027-0, lire en ligne)
- René Locatelli, « 5. La carte de Vischer et le chartrier d’Arlay », dans Laurence Delobette et Paul Delsalle (sous la dir.), La Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, XIIIe – XVIIIe siècles. Tome 1 : aspects politiques, diplomatiques, religieux et artistiques, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, , 500 p. (ISBN 978-2-84867-810-8, lire en ligne), p. 69-94.
- « Monument funéraire de Jean IV de Chalon-Arlay, de Jeanne de Bourbon, de Philiberte de Luxembourg et de Claude d'Arguel (épitaphes) », sur Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine.
- ↑ Jean Kerhervé, L'Etat breton aux 14e et 15e siècles, 1987, t. Ier, p. 74 (lire en ligne)
- ↑ Joseph Vaesen, Lettres de Louis XI, 1898, t. VI, p. 233 (lire en ligne).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Pierre Beau, Paul Frédéric Chalon, Histoire de la maison de Chalon, Xe – XVe siècles : Tome 2 (15e-20e siècles). Princes d'Orange, Comtes de Joigny, Descendants de Jean bâtard de Chalon, sire d'Origny., Montsoult (réimpr. 2000), 311 p. (2002, seconde édition, 345 pages).
- Georges Bischoff, « « Le prince des trente deniers ». Jean iv de Chalon-Arlay, prince d’Orange, entre France et Bourgogne (1468-1482) », dans Paul Delsalle, Gilles Docquier, Alain Marchandisse, Bertrand Schnerb, Pour la singuliere affection quavons a luy. Études bourguignonnes offertes à Jean-Marie Cauchies, Brepols, coll. « Burgundica », , 584 p. (ISBN 978-2-503-56483-8, lire en ligne), p. 15-23.
- Michelle Bubenicek, Entre rébellion et obéissance. L’espace politique comtois face au duc Philippe le Hardi (1384-1404), Genève, Droz, , 776 p. (ISBN 978-2-600-01601-8).
- Gustave Duhem, « Un Franc-Comtois au service de la Bretagne : Jean IV de Chalon-Arlay, Prince d'Orange », Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, Vannes, , p. 103-159 (lire en ligne).
- Benoît Léthenet, « Résistance, complot ou intrigue ? La tentative d'empoisonnement du prince d'Orange Jean IV de Chalon-Arlay sur Louis XI (1478) », L'émoi de l'Histoire, , p. 1-8 (lire en ligne).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des comtes palatins de Bourgogne
- Histoire de la Franche-Comté
- Liste des héritiers du trône de Bretagne
Liens externes
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- (en) Charles Cawley, « Burgundy Kingdom - Nobility in the county of Burgundy. D. Princes d'Orange 1393-1530 (Bourgogne-Comté) », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025, dont la notice (en) « Jean IV de Chalon ».
- « Sceaux de Jean IV de Chalon-Arlay. Seigneur d'Arlay, Prince d’Orange (1475-1502) », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France.
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