Yanassi
| Nebsenrê | ||||||
Stèle du « fils aîné du roi » Yanassi | ||||||
| Nom en hiéroglyphe |
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| Transcription | Yȝnssj[1] | |||||
| Période | Deuxième Période intermédiaire | |||||
| Dynastie | XVe dynastie | |||||
| Fonction principale | roi ? | |||||
| Prédécesseur | Khyan ? | |||||
| Successeur | Apophis | |||||
| Famille | ||||||
| Père | Khyan | |||||
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Yanassi était un prince hyksôs, et peut-être un roi, de la XVe dynastie. Fils aîné du roi Khyan, il était probablement le prince héritier désigné pour lui succéder. Il a peut-être succédé à son père, ce qui expliquerait la mention d'un roi nommé « Iannas » dans l'ouvrage de Manéthon, Ægyptiaca, qui, de façon improbable, aurait régné après le roi Apophis.
Attestations
[modifier | modifier le code]Attestation contemporaine
[modifier | modifier le code]Yanassi est attesté que par une stèle endommagée (Le Caire TD-8422 [176]) découverte à Tell el-Dab'a, site de l'ancienne capitale hyksôs, Avaris[2],[3]. Sur cette stèle – probablement dédiée au dieu Seth, seigneur d'Avaris – il est désigné comme le fils aîné du roi Khyan[4].
Sources historiques
[modifier | modifier le code]Une autre mention de Yanassi, bien que non contemporaine, se trouve dans l'œuvre de Flavius Josèphe, Contre Apion, où ce dernier affirme citer directement l'Ægyptiaca de Manéthon, ouvrage qui aurait été écrit au IIIe siècle av. J.-C., sous le règne de Ptolémée II, par le prêtre égyptien Manéthon. Aucun exemplaire de l'Ægyptiaca n'a survécu depuis l'Antiquité, et cet ouvrage n'est aujourd'hui connu que par les citations postérieures de Sextus Julius Africanus, Flavius Josèphe et Eusèbe de Césarée. Selon Josèphe, la reconstitution de la succession de la XVe dynastie par Manéthon était la suivante : Salitis, Bnon, Apachnan, Iannas, Archles/Assis et Apophis. Apachnan est généralement considéré comme la version hellénisée de Khyan, tandis qu'Iannas (en grec ancien : Iαννας) serait probablement une déformation de Yanassi, confirmant ainsi son accession au trône des Hyksôs. Josèphe rapporte également que Manéthon attribue à Iannas un règne d'une durée improbable de cinquante ans et un mois[5],[6],[7].
La XVe dynastie est également cité dans le Canon royal de Turin, une liste exhaustive des rois retrouvé sur un seul papyrus et rédigée pendant l'époque ramesside ; cependant, le papyrus est fortement endommagée, notamment à la ligne 26 de la colonne 10 qui correspond au prédécesseur d'Apophis : le nom du roi est en lacune et la durée de son règne n'est indiquée que partiellement, comme 10, 20 ou 30 ans, plus un certain nombre d'années[8].
Théorie
[modifier | modifier le code]Jusqu'aux années 2010, l'idée que Yanassi avait succédé à Khyan était rejetée par le consensus scientifique en égyptologie, qui considérait Apophis comme le successeur direct de Khyan, comme l'avait proposé Ryholt. Ce dernier proposait ainsi que Apophis était un usurpateur[4]. Selon cette interprétation, il semblait plus probable que la mention par Josèphe de Iannas/Yanassi était une erreur[6].
Cette hypothèse a été remise en question par des découvertes archéologiques qui suggèrent que Khyan aurait pu régner jusqu'à 80 ans plus tôt qu'on ne le pensait jusqu'alors, impliquant ainsi la présence d'un ou plusieurs rois entre lui et Apophis[9].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Ryholt 1997, p. 128.
- ↑ Bietak 1981, p. 63-73.
- ↑ Ryholt 1997, p. 57, note 159.
- Ryholt 1997, p. 256.
- ↑ Gardiner 1961, p. 156.
- Ryholt 1997, p. 120-121.
- ↑ Aston 2018, p. 18.
- ↑ Aston 2018, p. 16.
- ↑ Aston 2018, p. 17.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Alan Gardiner, Egypt of the Pharaohs: an introduction, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-500267-6, lire en ligne) ;
- (de) Manfred Bietak, « Eine Stele des ältesten Königssohnes des Hyksos Chajan », Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts, Abteilung Kairo, no 37, , p. 63-73 ;
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) David A. Aston, « How Early (and How Late) Can Khyan Really Be. An Essay Based on "Conventional Archaeological Methods" », dans Nadine Moeller, Irene Forstner-Müller, The Hyksos ruler Khyan and the Early Second Intermediate Period in Egypt: Problems and Priorities of Current Research. Proceedings of the Workshop of the Austrian Archaeological Institute and the Oriental Institute of the University of Chicago, Vienna, July 4 – 5, 2014, Leberstraße 122 A-1110 Wien, Verlag Holzhausen GmbH, , 15-56 p. (ISBN 978-3-902976-83-3).